01 — Le contexte
Pin-Ads est l’agence française spécialisée exclusivement sur Pinterest Ads. Fondée par Luc Bermond il y a 4 ans, elle accompagne des marques e-commerce sur l’intégralité du canal — partie ads et partie organique — dans les verticales reines de la plateforme : mode, déco, beauté.
Le positionnement est rare : très peu d’acteurs francophones, et même à l’international peu d’agences couvrent Pinterest avec ce niveau de spécialisation. Exemple parlant — sur Spring (lessives en capsules), Pin-Ads génère des coûts par achat 2 fois inférieurs à Meta ou Google grâce à une concurrence plus faible sur la plateforme.
Notre positionnement est assez unique. C’est quelque chose qui nous aide vachement sur toute la partie prospection — on n’est pas en concurrence avec les grosses agences, on apporte un service complémentaire.— Luc Bermond · Fondateur, Pin-Ads
02 — Le défi
Pendant 4 ans, Pin-Ads a vécu uniquement de l’inbound organique : une chaîne YouTube (~8 000 abonnés), un profil LinkedIn suivi (~10 000), des référents qui amenaient des prospects. Un canal qui fonctionne, mais avec trois plafonds structurels :
- Aucune maîtrise du flux entrant. Impossible de prédire qui va arriver, ni quand.
- Aucune scalabilité. Le pipeline dépend du temps disponible pour produire du contenu.
- Un public à éduquer. Pinterest reste mal connu des directions marketing. L’inbound capte ceux qui savent déjà — pas ceux qui ignorent qu’ils ont besoin du canal.
Deux objectifs explicites côté Luc : ouvrir un pôle grands comptes sur des marques retail premium habituellement courtisées par les grosses agences généralistes, et tester l’expansion internationale — Pays-Bas, US, reste de l’Europe, Moyen-Orient — pour savoir, données à l’appui, où concentrer les efforts de développement à venir.
03 — Notre approche
Le travail a démarré par un cadrage clair sur un point qui détermine tout : ce sera long avant de fonctionner. Le copy gagnant ne se trouve pas en une semaine. Luc le savait — son agence vit la même mécanique côté Pinterest, où les premiers jours d’une campagne ne sont jamais les meilleurs.
Le système
- Splittage par vertical. Mode, déco, beauté, retail — chaque vertical reçoit son propre angle de copy, sa propre référence client, sa propre démonstration de résultat.
- Splittage par marché. France, Pays-Bas, US, reste de l’Europe, Moyen-Orient — chaque géographie est traitée comme une campagne indépendante avec son propre copy, sa propre liste, ses propres KPIs. Pas de copy traduit mécaniquement.
- Personnalisation minimum mais ciblée. Juste assez de personnalisation pour faire sentir que le mail s’adresse vraiment au décideur, pas à un segment.
- Itération assumée. Les premières semaines ont sous-performé, comme prévu. C’est l’itération sur l’objet, l’angle de copy et la cible qui a fait basculer le système.
04 — Exécution
L’itération a porté sur quatre variables : les objets, le style de copy par vertical, les segments de décideurs visés, et les marchés géographiques. La logique d’arbitrage international s’est ouverte une fois la mécanique éprouvée sur la France — chaque nouveau marché testé sert à mesurer, pas à parier.
Avant
100% inbound · YouTube + LinkedIn organique · pas de pôle grands comptes · marché francophone uniquement · zéro contrôle sur le flux entrant
Après (système LLBB)
Inbound + outbound complémentaires · pôle grands comptes opérationnel · Pays-Bas signé en cold email · US / Europe / Moyen-Orient en test mesuré · décideurs ciblés engagés dans les appels
05 — Résultats
Deux signatures emblématiques sont sorties du cold email côté France : Quartier (groupe magasins retail) et Frédérique Constant (horlogerie suisse premium, présente en retail dans plusieurs pays). Plus important encore : Pin-Ads a ouvert un pôle grands comptes qui n’existait pas auparavant — un changement de structure d’agence, pas juste une signature de plus.
Sur l’international, premier marché déverrouillé : les Pays-Bas. Le marché hollandais a été ouvert uniquement en cold email, sans déplacement, sans event physique, sans intermédiaire local. Les US, le reste de l’Europe et le Moyen-Orient sont actuellement en phase de test — l’objectif n’est pas de prospecter partout en même temps, mais de mesurer où le potentiel est le plus fort pour y concentrer ensuite l’effort commercial.
Ce qui est intéressant, c’est qu’on peut signer des grands comptes en cold email même quand on n’est pas une agence avazée ou un gros nom de la place. Il faut juste un bon positionnement et une proposition de valeur claire — derrière, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas.— Luc Bermond · Fondateur, Pin-Ads
06 — Trois enseignements à retenir.
- Le cold email ouvre des pôles d’agence entiers. Pour une agence vivant d’inbound, l’outbound n’est pas un “canal de plus” — c’est ce qui rend possible un segment client jusqu’ici inaccessible (les grands comptes qui ne tombent jamais en référant).
- L’expansion internationale se teste avant de s’investir. Plutôt que d’ouvrir un bureau ou de recruter un BDR local sur intuition, on teste 3-4 marchés en cold email en parallèle. Celui qui répond le mieux gagne l’investissement réel. Les Pays-Bas se sont qualifiés comme ça.
- L’itération est la seule variable qui compte. Les premières semaines sous-performent toujours. Couper la campagne trop tôt = passer à côté de la mécanique qui s’installe ensuite. Luc le formule lui-même : “on aurait pu arrêter au bout d’une semaine ou deux — heureusement non.”